Résumé proposé par Bernard Deschesnes, membre du Comité national de la condition des hommes de l’AREQ.

La Québécoise Liz Plank qui vit maintenant aux États-Unis a publié un essai intitulé For the love of men. Cet essai a été traduit et publié en 2021 aux Éditions Québec-Amérique sous le titre de  Pour l’amour des hommes (dialogue pour une masculinité positive). L’essai en question, largement documenté surtout à partir d’un contexte américain et parfois international, fait 382 pages. En voici un certain nombre d’extraits. Le choix de ces extraits ne représente pas nécessairement mes opinions personnelles non plus que celles du Comité national de la condition des hommes de l’AREQ. Ils n’en sont pas moins utiles pour soulever de la réflexion et des échanges entre hommes ou avec nos entourages respectifs.

Introduction

p-15 : Il est rare que les experts en arrivent à un réel consensus sur un sujet, mais la plupart s’entendent pour dire que la répression systématique des émotions est l’une des expériences les plus dommageables pour l’être humain.

Ce que la communauté scientifique considère comme dangereux et malsain, nous l’avons érigé en modèle pour élever nos garçons.

Une recherche a démontré que les hommes qui ont peur de montrer leurs émotions sont aussi plus à même de manifester des comportements violents.

p-17 : Quand les États cessent d’encoder une masculinité désuète dans leurs politiques, les hommes se mettent naturellement à passer plus temps avec leurs enfants et à participer à la tenue de la maison.

p-20 : S’ils subissent des épreuves tôt dans la vie, les garçons souffrent beaucoup plus que les filles. On ne comprend pas bien pourquoi les filles sont aussi résilientes, mais semblent mieux résister que les garçons aux défis posés par l’enfance moderne.

p-21 : Les hommes en sont arrivés à la conclusion que demander des conseils, ce n’est pas pour eux. Mélangez une incapacité à gérer les émotions avec une réticence à demander de l’aide et vous obtenez le cocktail parfait – et mortel – pour les problèmes de santé mentale.

p-22 : La plupart des comportements généralement associés aux hommes, tels que les problèmes de gestion de la colère, la violence et la consommation de drogues ou d’alcool, sont souvent des moyens pour eux de tenter d’échapper à la maladie mentale.

Pour de nombreuses femmes dans le monde, les hommes qui occupent une place dans leur vie représentent la plus grande menace pour leur sécurité. Les conjoints masculins sont la deuxième cause de décès chez les femmes enceintes aux États-Unis.

p-24 : Presque toutes les tueries de masse à s’être produites en territoire américain ont été commises par un ou des hommes blancs.

p-25 : Si nous nous attaquions au problème des agressions entre hommes, nous ferions chuter le taux de criminalité sur tous les continents.

p-26 : Les jeunes hommes qui se sentent incapables de remplir le rôle masculin de pourvoyeur économique sont ceux qui accordent le plus d’importance aux prouesses sexuelles et à la force. La corrélation saute aux yeux, et pourtant nous ne faisons rien.

p-27 : Les hommes ont moins d’amis ainsi que moins d’amitiés profondes et s’isolent de plus en plus avec l’âge. La solitude est un problème largement masculin que féminin.

Les hommes isolés sont ignorés alors que les hommes violents sont valorisés.

p-31 : Les données montrent que les hommes sont moins susceptibles d’afficher un comportement écoresponsable, comme le recyclage, que les femmes et qu’ils sont plus à risque de poser des gestes nuisibles à l’environnement, comme jeter des déchets sur la voie publique.

p-32 : Quand nous offrons davantage de liberté aux hommes pour devenir qui ils veulent vraiment être, les possibilités sont infinies.

p-33 : Parler de masculinité n’est pas une façon d’éviter de parler des problèmes des femmes. C’est plutôt la façon la plus efficace de s’y attaquer.

Il est tout à fait faux de croire que la lutte pour mettre fin à la souffrance masculine est séparée ou aux antipodes de la lutte pour libérer les femmes.

Première partie : Les mensonges que nous colportons au sujet des hommes

p-41 : Les hommes peuvent se permettre bien des choses, mais demander leur chemin n’en fait pas partie.

p-43 : Ne pas admettre d’être perdu et ne pas poser de questions. Ce qui m’a fait réfléchir : si les hommes sont incapables de demander leur chemin jusqu’à la station d’essence la plus près, comment diable peuvent-ils demander leur chemin vers la masculinité?

1 – On ne naît pas homme

p-51 : On doit toujours faire la preuve de sa masculinité, tandis que la féminité est plus statique, plus fixe.

Un vrai homme, ça ne pleure pas. Un vrai homme, ça ne se maquille pas. Un vrai homme, ça ne porte pas de jupes. Il n’y a pas d’expression équivalente pour les femmes.

Il n’existe pas d’activités qui peuvent restaurer la féminité parce que cette dernière n’a pas besoin d’être méritée.

p-52 : Il n’y a pas, pour les femmes, de mot équivalent à : tapette : dans toutes les sociétés, la masculinité repose sur le rejet du féminin.

Étrangement, certains hommes sont plus à l’aise de partager leur vulnérabilité avec des femmes inconnues qu’avec leurs proches masculins.

p-53 : La chose la plus difficile pour des hommes n’était pas nécessairement leur relation avec les femmes : c’était  plutôt celle avec d’autres hommes.

p-54 : Les hommes sont si occupés à maintenir que l’illusion que l’idéal masculin est atteignable qu’ils n’ont pas de mots pour décrire les façons dont cet idéal les contraint.

Plus ils essaient de cacher leurs faiblesses, plus l’armure semble lourde et plus difficile elle serait à enlever.

p-55 : Mais j’ai alors réalisé que, plus l’armure était grande, moins les hommes étaient conscients de sa présence et plus il serait difficile de les aider à la voir.

2 – La masculinité n’est jamais définitivement acquise et doit constamment être renouvelée

p-57 : Pourquoi les hommes se sentent-ils obligés de trop manger? Ou, pire pourquoi le font-ils inconsciemment? Pour prouver quelque chose?

Des chercheurs de l’Université Cornell expliquent que les hommes adoptent des comportements qui leur permettent de se mettre en valeur en montrant qu’ils possèdent des talents extraordinaires, des avantages ou des surplus d’énergie supérieurs aux autres hommes.

p-62 : Les hommes reçoivent constamment le message que la pire chose qu’ils puissent faire, c’est agir comme une femme.

3 – La masculinité est attaquée

4 – Les hommes sont esclaves de leur corps et de leurs parties génitales

p-71 : Selon l’autrice Janet Shibley Hyde, les femmes et les hommes sont plus semblables que différents, et ce, tout au long de leur vie.

p-73 : le mythe le plus persistant et dommageable à propos de la testostérone est qu’elle prédispose les hommes à la violence.

L’idée que les hommes sont prédisposés à être plus violents que les femmes est sans doute l’un des mensonges les plus anciens et les plus constants que nous entretenons à leur propos.

p-75 : Certaines recherches commencent à montrer que la perception des autres par rapport à notre genre est un meilleur indicateur de nos comportements violents que notre genre en soi.

Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur la testostérone

p-77 : Une étude de l’Université de Cambridge arrivait à la conclusion que la plus grande action de la testostérone n’était pas de rendre les hommes plus agressifs, mais plutôt de les motiver à être plus compétitifs et désireux d’atteindre un statut social élevé.

p-78 : La testostérone contribue à rendre les hommes compétitifs et désireux d’élever leur statut, mais c’est la façon d’y parvenir qu’on leur enseigne qui les rend violents.

La testostérone ne crée pas les comportements, mais elle peut les rendre plus probables.

p-79 : La majorité des études partent du principe que la compétitivité mène inévitablement à la violence, ce qui n’est tout simplement pas vrai dans le monde moderne civilisé.

p-80 : Des chercheurs du Royaume-Uni ont conclu que la testostérone n’est pas déterminée par les facteurs biologiques, mais qu’elle reflète plutôt le milieu dans lequel ils ont grandi.

Par conséquent, notre environnement social conditionne nos désirs et nos besoins et même ce qui nous attire chez notre partenaire.

Non, le patriarcat n’est pas naturel

p-81 : Le patriarcat n’est pas l’ordre naturel des choses. Au contraire, nous avons contribué à le créer, ce qui veut dire qu’un changement est non seulement possible, mais probable.

Un autre mensonge que nous entretenons au sujet des hommes est que leur cerveau n’est que partiellement responsable de leurs comportements  parce que leurs parties génitales auraient leurs propres préoccupations.

Les mensonges que nous répandons sur la testostérone ne sont pas inoffensifs.

p-83 : Il n’y a pratiquement rien d’immuable dans notre cerveau. Toutes nos compétences, nos attributs et nos traits de personnalité sont forgés par l’expérience.

5 – Les hommes n’ont pas besoin d’intimité

p-85 : Ce préjugé mène à deux sortes de comportements d’intimidation : on humilie les femmes qui veulent du sexe et on humilie les hommes qui veulent de l’intimité.

La sexualité et l’intimité sont deux parts essentielles de l’expérience humaine.

p-89 : Le mythe voulant que les hommes n’aient pas besoin d’intimité influence la façon dont les hommes abordent la sexualité.

p-91 : La masculinité toxique nous empêche de parler, nous empêche de réfléchir à notre sexualité et à nos besoins émotionnels.

6 – La honte masculine : avoir l’impression de devoir prouver quelque chose qu’on ne pense même pas avoir

p-93 : Les hommes se sentent honteux de ne pas pouvoir soutenir les principes irréalistes de la masculinité, et cette honte est rarement évoquée parce que c’est précisément comme ça qu’elle fonctionne.

En d’autres mots, la honte mène à la construction de mensonges sur la façon dont les hommes devraient penser et agir, et quand les hommes ne satisfont pas ces attentes impossibles, ils ressentent une humiliation supplémentaire.

p-95 : Une bonne part de l’agressivité que nous associons aux hommes ne relève peut-être pas de leur nature, mais plutôt de la façon dont nous les élevons.

p-96 : Je crois que beaucoup d’hommes peuvent vivre toute leur vie sans même connaître les émotions qu’ils cachent à l’intérieur d’eux.

p-97 : La honte a besoin de trois choses pour croître de façon exponentielle dans nos vies : le secret, le silence et le jugement.

Parce que les hommes ne peuvent pas démontrer leur vulnérabilité, ils ont du mal à développer une relation saine avec eux-mêmes ou avec les autres.

Le chercheur Brown a constaté que la vulnérabilité est le ciment qui consolide les relations. C’est l’ingrédient magique.

p-98 : Les hommes sont encore presque exclusivement définis par la stabilité matérielle qu’ils peuvent apporter, et les émotions risquent d’être perçues comme des obstacles à cette sécurité.

p-99 : La honte n’est pas qu’une émotion : c’est une barrière nous empêchant de bien fonctionner. Elle ne fait pas que nous rendre misérables, mais carrément dysfonctionnels.

p-105 : Quand nous ignorons la honte des hommes, nous passons à côté des problèmes les plus graves de ce monde, parce que beaucoup d’entre eux puisent leur force dans la honte et s’en trouvent exacerbés.

La honte peut commencer à se dissiper par la prise de parole. En d’autres mots, plus nous parlons de notre honte, plus elle se dissipe, parce qu’elle ne peut plus rester cachée.

p-109 : On devient un homme meilleur en connaissant nos faiblesses plutôt qu’en les ignorants. Laissez le monde vous voir tel que vous êtes.

Deuxième partie : J’aime les hommes

7 – La grande répression = les hommes nient leurs émotions depuis leur tendre enfance

p-113 : Les femmes veulent désespérément aimer les hommes, mais les hommes sont devenus impossibles à aimer.

Leurs compagnes leur disent de s’ouvrir, mais la société leur dit de faire des hommes d’eux-mêmes. Ils ne savent pas quel homme être et, honnêtement, je ne peux pas les blâmer.

p-114 : Ce n’est pas juste moi. D’autres femmes aussi se plaignent du fait que les hommes dans leur vie sont si limités sur le plan des émotions qu’elles en ont décidé de ne plus fréquenter d’hommes tout simplement.

p-115 : Les femmes ne font pas que déserter le monde des rencontres amoureuses; elles quittent aussi les hommes qu’elles ont épousés.

p-116 : Une des conclusions d’une chercheuse est que les hommes ont des problèmes de santé mentale, mais qu’ils en sont complètement inconscients.

En d’autres mots, pour plusieurs femmes, leurs problèmes de couple sont en fait des problèmes de santé mentale non diagnostiqués.

p-117 : Les hommes n’ont pas moins de compétences émotionnelles que les femmes, mais simplement qu’ils ne les mettent pas autant en pratique.

p-118 : Ce que les femmes demandent aux hommes est assez simple : du travail émotionnel. Une étude à l’Université de Virginie a montré que les femmes les plus satisfaites étaient en couple avec des partenaires qui avaient tous une chose en commun : un engagement émotionnel.

Plus les femmes sont indépendantes, moins elles sont susceptibles de tolérer des relations qui ne comblent pas leurs besoins.

Pendant que les femmes exigent des hommes qu’ils soient plus à l’aise avec leurs émotions, les hommes reçoivent encore un message très différent sur ce qu’est leur rôle dans les relations amoureuses.

p-120 : Les hommes reçoivent des messages contradictoires.

D’un côté, on leur dit que les femmes veulent être traitées en égales : elles commencent à avoir un meilleur pouvoir d’achat et un statut social plus élevé, ce qui veut dire que, quand les hommes tentent de faire des choses à leur place, leurs actions sont jugées condescendantes, mal venues et vieux jeu.

De l’autre côté, on leur dit qu’être un homme, c’est être un gentleman : la principale façon de montrer du respect au sexe opposé est par la galanterie.

À cause de ces deux messages contradictoires, les hommes sont, à juste titre, perdus.

p-127 : Ce n’est qu’en mettant fin à la galanterie que j’ai réalisé à quel point elle était injuste pour les hommes et que j’avais souscrit à un stéréotype genré envers eux alors que je ne les acceptais pas pour les femmes.

Le sexisme bienveillant : une fausse bonne idée

p-135 : Quand j’ai demandé à des hommes quel visage la masculinité traditionnelle prenait dans leur vie, plusieurs m’ont dit qu’ils ressentaient de la pression de la part des femmes.

p-142 : Les hommes ne se libèreront de la masculinité toxique que lorsqu’ils auront une solution de rechange sûre, pour le moment, ils grandissent avec le message qu’ils sont surveillés et que toute déviation par rapport aux idéaux créés par la masculinité rigide leur vaudra l’humiliation et le rejet de la part tant des hommes que des femmes.

La vulnérabilité émotionnelle n’est pas un signe de faiblesse : c’est l’une des forces les plus essentielles d’une relation saine.

8 – Bromance

p-149 : La moitié des hommes affirment à la fois ne pas parler de leurs problèmes personnels et avoir envie de créer des liens plus profonds avec leurs amis masculins.

Chris m’a dit que cette pression à ne jamais demander d’aide, ni admettre ses faiblesses l’a poussé à se créer une carapace quand il est en présence d’individus de son propre genre.

p-150 : Tout ce que l’on enseigne aux garçons crée un environnement qui rend les amitiés masculines presque impossibles.

p-155 : Les hommes qui n’ont pas eu de relation forte avec leur père et ceux qui sont sans emploi ou qui souffrent d’un handicap ou d’une maladie sont particulièrement à risque de vivre une forme de détachement émotionnel.

L’amitié, ce n’est pas que pour le plaisir : ça fait vivre plus longtemps

p-155 : De plus en plus de recherches montrent que les gens qui entretiennent un nombre élevé d’amitiés proches jouissent d’une plus longue espérance de vie.

L’amitié a même une plus grande incidence sur la longévité que les liens familiaux.

p-156 : L’isolement est l’une des plus grandes menaces pour la santé d’une personne. En fait, l’isolement social était, selon une étude suédoise, aussi important que le tabagisme parmi les causes de maladies coronariennes.

Bien que le mariage soit reconnu pour ses bienfaits sur la santé des hommes, la recherche démontre presque unanimement que les relations  homosociales entre les hommes contribuent davantage à leur bien-être émotionnel que peuvent le faire les relations amoureuses.

p-157 : L’isolement tue littéralement les hommes. Les sujets qui avaient le plus de facilité à gérer leurs émotions de façon saine (sans avoir recours au déni, à l’évitement ou à la projection) avaient le meilleur réseau de soutien, ce qui était aussi associé à une plus grande espérance de vie.

Pour comprendre le pouvoir de l’amitié masculine, il suffit d’examiner la crise du sida

p-159 : Selon un médecin de l’Université de la Californie, les humains sont une espèce plus sociale que les autres et que les liens sociaux et l’esprit de communauté sont essentiels à leur survie.

p-160 : Sortir au restaurant entre gars semblait, pour un homme que l’autrice a questionné, un geste trop intime. Il lui a confié qu’il s’habillait moins bien quand il allait rejoindre d’autres hommes et qu’il était fasciné de voir les femmes hétéros se pomponner pour aller bruncher ou souper entre elles.

p-161 : rappelle-toi que l’amitié, ce n’est pas quelque chose que tu as, c’est quelque chose que tu fais. L’amitié est un jardin qu’il faut entretenir. Fais de ta partenaire ton amie préférée, pas ta meilleure amie.

9 – Le langage de son amour, c’est les gaufres

p-170 : Pour papa, les gaufres n’étaient pas des aliments; c’était un style de vie.

p-176 : Tandis que les femmes sont prises au sérieux en tant de travailleuses, les hommes ne sont pas encore pris au sérieux en tant que pourvoyeur de soins.

La panique silencieuse des hommes millénariaux

p-177 : Tous les chiffres indiquent que les hommes hétérosexuels millénariaux, même s’ils sont plus susceptibles de se marier avec une femme qui travaille, soutiennent moins ce choix que ne le faisaient leurs pères.

Le père à la maison, un rôle encore perçu comme dénaturé

p-185 : Comment se fait-il que la personne qui fournit l’argent pour acheter une dinde congelée est un pourvoyeur, mais que la personne qui la prépare ne l’est pas?

Les idéaux que nous imposons aux hommes survalorisent tellement le rôle de pourvoyeur qu’ils masquent toutes les autres façons dont les pères peuvent contribuer au bien-être de leur famille, des gestes qui peuvent être tout aussi importants, sinon plus, que les ressources financières.

p-199 : À en juger les données, quand on fait disparaître les rôles traditionnels, on se retrouve avec une répartition plus égalitaire du travail et des partenaires plus satisfaits.

p-201 : Quand on offre le congé parental surtout ou uniquement aux mères, on envoie un puissant message aux pères : s’occuper des enfants et de la maison, ce n’est pas votre affaire.

p-207 : La masculinité est un puissant véhicule qui motive le comportement des hommes, et quand elle est redéfinie de façon positive et recadrée de manière à représenter une responsabilité envers l’autre plutôt qu’une domination de l’autre, les retombées peuvent être phénoménales.

p-209 : L’avenir des garçons dépend du comportement actuel des hommes. La question n’est pas seulement d’encourager les pères à être des parents présents : il faut aussi s’assurer que tous les hommes assument pleinement leurs responsabilités envers la prochaine génération de garçons.

Les enjeux sont tout simplement trop importants.

10 – La mancession

p-219 : En économie aux États-Unis, nous produisons plus avec moins, ce qui laisse les hommes peu qualifiés et sans diplôme dans la précarité. Les hommes ont raison d’être en colère.

Mais ils ne devraient pas avoir peur des femmes ou des immigrants; ils devraient avoir peur des robots.

Qu’est-ce que c’est, un vrai homme?

p-224 : Les hommes ne se voient pas dans des emplois qui sont surtout occupés par des femmes parce que leur modèle de masculinité ne le permet pas. Ils pensent peut-être même qu’ils ne seraient pas embauchés s’ils devaient postuler pour ces emplois.

p-228 : Quand les hommes sont libérés du carcan qui leur dicte ce qu’un homme peut et ne peut pas faire au travail, leur vie s’améliore de façon spectaculaire.

Les femmes ne peuvent être ce qu’elles ne voient pas : les hommes non plus.

p-234 : Si notre culture a peur que les hommes agissent comme des femmes, c’est parce que le féminin est déprécié.

p-243 : L’intégration de plus d’hommes en soins, en enseignement et en santé aurait des retombées positives sur les enfants, les malades et les aînés.

Le code de conduite post-#MoiAussi

-Règle numéro 1 : Prends conscience de tout le pouvoir que tu as.

-Règle numéro 2 : Quand t’essaies de sortir avec une collègue, retourne à la règle numéro 1.

-Règle numéro 3 : Rappelle-toi que, si l’attirance est mutuelle, ce n’est pas du harcèlement.

-Règle numéro 4 : Tu n’as pas besoin d’éviter les femmes : tu n’as qu’à arrêter de les harceler!

-Règle numéro 5 : Avant de faire acte de galanterie au travail, pose la question.

-Règle numéro 6 : Ne fais rien pour une femme que tu ne ferais pas pour un homme.

11-Si c’est si bon que ça, le patriarcat, pourquoi ça vous fait mourir?

p-252 : On parle souvent de l’Islande comme d’un endroit merveilleux pour les femmes, mais on ne dit pas assez à quel point c’est super pour les hommes aussi.

p-253 : L’Islande n’est pas seule : les autres pays où l’égalité entre les genres prévaut voient aussi une amélioration du bien-être des hommes.

Selon un chercheur norvégien, il y a corrélation directe entre l’égalité entre les genres dans un pays et le niveau de bien-être des hommes.

p-254 : Les masculinistes ont beau vénérer le patriarcat et s’accrocher désespérément au statuquo, il reste que plusieurs des raisons qui font que les hommes ne vivent pas aussi longtemps que les femmes sont liées au patriarcat – cette chose qui est censée leur rendre service.

Un vrai serpent qui se mord la queue.

Le patriarcat promet la liberté aux hommes, mais il les enchaîne.

p-257 : D’après l’OMS, il y a trois grandes raisons pour lesquelles les hommes ne vivent pas aussi longtemps que les femmes : la relation qu’ils entretiennent avec le travail, avec le risque et avec les médecins.

p-260 : Être un homme ne fait pas prendre plus de risque, mais être un homme qui pense que les hommes prennent plus de risques, oui.

En lisant ces données troublantes qui font le lien entre le risque et la performance de la masculinité, tout ce qui me venait à l’esprit, c’était la noyade.

p-262 : Les hommes blancs prennent plus de risques parce qu’ils le peuvent; les hommes de couleur, parce qu’ils le doivent.

p-266 : Les hommes blancs sont beaucoup moins à l’aise avec le risque que les femmes et les hommes de couleur quand les rôles sont inversés et qu’ils ont soudain quelque chose à perdre.

Les hommes et les médecins : une relation compliquée

p-272 : La pression qui décourage les hommes de demander de l’aide face à la douleur physique n’est rien par rapport à celle qui existe devant la douleur psychologique.

Et là encore, plus un homme s’accroche aux définitions irréalistes de la masculinité, moins il est susceptible d’aller chercher l’aide dont il a besoin.

Les chercheurs, qui avaient choisi onze normes traditionnellement associées à la masculinité idéalisée, ont constaté que les hommes qui  s’y identifiaient montraient une plus grande réticence à chercher de l’aide médicale et étaient généralement en moins bonne santé.

Les onze caractéristiques étaient les suivantes :

  1. Désir de gagner.
  2. Besoin de contrôle émotionnel.
  3. Prise de risque.
  4. Violence.
  5. Domination.
  6. Promiscuité sexuelle.
  7. Indépendance.
  8. Importance du travail.
  9. Emprise sur les femmes.
  10. Dédain pour l’homosexualité.
  11. Importance du statut social.

p-273 : Les normes de la masculinité rendent donc les hommes doublement vulnérables, d’abord en les incitant à se conformer aux idéaux qui les rendent malheureux, puis en les rendant réticents à chercher l’aide dont ils ont besoin.

p-275 : Faciliter la recherche d’aide chez les hommes pourrait être la clé ouvrant sur un sentiment de bien-être émotionnel pour eux.

Les travailleurs de la santé : ils ne sont pas différents de nous

p-278 : Non seulement les hommes subissent des désavantages quand ils ne se conforment pas à la masculinité idéalisée, mais ils sont aussi perdants quand il s’y conforment.

Pour beaucoup trop d’hommes aux États-Unis aux prises avec des problèmes de santé mentale, il est beaucoup plus facile de trouver une arme à feu qu’un thérapeute.

Pourquoi les garçons et les hommes mettent-ils fin à leurs jours?

p-283 : Plus un homme s’identifie à la masculinité traditionnelle, plus il est vulnérable.

p-285 : Des données montrent que l’égalité des genres constituerait un antidote insoupçonné au suicide chez les hommes, parce que la prise de pouvoir des femmes pourrait protéger les hommes des chocs économiques.

p-286 : Dans les pays égalitaires, comme la Suède ou l’Autriche, la relation entre l’augmentation des taux de chômage et le suicide chez les hommes disparaît complètement.

12 – La fabrication de l’Homme

p-305 : C’est à ce moment que j’ai réalisé à quel point les hommes pourraient être différents si nous donnions le droit aux garçons d’être eux-mêmes.

p-311 : J’ai réalisé que non seulement nous permettons la répression des émotions des hommes, mais que nous l’avons institutionnalisée. La masculinité toxique est à son plus puissant quand elle est invisible, et à son plus subtil quand elle est ritualisée.

p-314 : La façon la plus efficace de résoudre les plus grandes souffrances du monde est de s’attaquer à la souffrance masculine, parce que, laissée à elle-même, elle devient l’une des plus grandes menaces pour notre planète.

13 – La compassion comme antidote à la haine

p-322 : Beaucoup d’hommes qui finissent dans des groupes organisés (comme des groupes terroristes, ou néonazi, etc…) ne sont pas fondamentalement mauvais, mais ils sont facilement poussés à commettre d’horribles actes de violence grâce à des tactiques émotionnelles qui leur promettent un accès à une masculinité prestigieuse.

Conclusion

Plaidoyer pour une masculinité positive.

p-336 : Il y a un moment déjà que les femmes sont lucides quant aux enjeux liés à leur genre, et les hommes pourraient l’être aussi en mettant en pratique une masculinité consciente.

p-337 : Nous devons rejeter cette idée de la soi-disant guerre des sexes, parce qu’elle nous laisse faussement entendre que nous sommes plus différents que semblables.

Le mythe de la guerre des sexes a fait dévier la discussion et nous a portés à croire que les problèmes de la femme et de l’homme ne sont pas interreliés et que d’investir du temps et des ressources dans l’un n’aide pas l’autre.

Opposer les femmes aux hommes a peut-être été utile dans l’organisation du débat par le passé, parce que nous considérions généralement les femmes comme les uniques bénéficiaires des récents changements sociaux.

p-338 : Nous avons passé bien trop de temps à parler des risques qu’il y aurait à changer les fondements mêmes de l’éducation des garçons, alors que ce qu’il nous faut, c’est parler des conséquences qu’il y a à ne pas le faire.

Il nous coûte cher de ne pas renverser le système dans lequel nous élevons nos garçons actuellement : nous perdons d’innombrables contributions masculines dans les domaines de l’infirmerie, des soins et de l’éducation.

Il y a des garçons qui ne deviendront jamais les hommes qu’ils seraient censés devenir. Nous devons entreprendre ce défi de redéfinir le genre pour les garçons : il existe trop de potentiel non réalisé.

Les idéaux actuels de la masculinité étouffent les garçons et les hommes.

p-339 : Il nous faut reconnaître que les femmes n’essaient pas de rendre les hommes plus féminins : c’est le monde qui devient plus féminin.

p-340 : Il faut laisser les garçons avoir des émotions afin que celles-ci ne finissent pas par les dominer.

Cette transition du QI vers le QE (quotient émotionnel)  comme mesure par excellence de l’accomplissement personnel n’est qu’un des changements auxquels nous devons préparer les garçons afin qu’ils puissent s’épanouir et réussir dans le monde moderne.

p-341 : La masculinité consciente est l’antidote à la masculinité toxique. Elle encourage les hommes à regarder à l’intérieur d’eux-mêmes afin de reprendre contact avec toutes ces choses qui font d’eux des hommes bons plutôt qu’avec tous les déchets inutiles qu’ils ont absorbés et qu’ils portent inconsciemment dans le but d’être de vrais hommes.

Il s’agit d’observer nos comportements plutôt que de nous y perdre, de court-circuiter les automatismes de la masculinité.

Si la masculinité consciente incite les hommes à comprendre ce qu’il y a de bon à être un homme, elle leur permet aussi d’affronter leur douleur et de se responsabiliser face à elle.

Un auteur dit que, nous finissons toujours par transmettre la douleur que nous n’avons pas transformée. En effet, ce dont nous ne prenons pas conscience finit toujours par nous contrôler.

p-342 : Les caractéristiques de l’homme bon s’ancrent dans la force, alors que celles associées au vrai homme s’enracinent dans le peur.

La masculinité consciente permet aux hommes d’aligner leurs choix sur les qualités qui les rendent fiers d’être des hommes et de mettre en pratique des comportements positifs liés à leurs convictions profondes.

Il n’y a rien de plus masculin que d’avoir le contrôle de mes émotions et de ma santé mentale.

Plutôt que d’essayer de contrôler le monde autour de nous, nous devons réussir à mieux contrôler la tempête qu’il y a à l’intérieur de nous.

Je demande à chacun et à chacune d’entre nous de réfléchir sérieusement aux choses auxquelles nous nous accrochons et de consciemment lâcher prise si ces choses nous empêchent d’être les personnes que nous voulons être.